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Médicaments et aliments : attention danger !

Certains aliments ou compléments alimentaires, souvent à base de plantes médicinales, peuvent accentuer les effets indésirables ou au contraire diminuer l’efficacité d’un traitement médicamenteux. Conseils.

Quels sont les mécanismes de ces interactions ? 
Des aliments augmentent le temps d'absorption des médicaments. Cela n'a généralement pas de conséquences importantes, sauf si l'action thérapeutique attendue doit être rapide. D'autres abaissent, ou parfois élèvent, les concentrations sanguines du produit dans les organes, avec des conséquences évidentes sur son efficacité. Les interactions peuvent être de deux ordres : antagonistes, lorsque leurs effets s’opposent, ou synergiques, lorsqu’au contraire, leurs effets globaux se révèlent supérieurs à la somme des deux parties. 


Le jus de pamplemousse : des interactions nombreuses
L’interaction de certains médicaments avec le pamplemousse est dangereuse parce que ce dernier modifie leur métabolisme, ce qui a pour conséquence d'en augmenter la concentration dans le sang à des niveaux qui peuvent parfois représenter de graves surdoses (seuls des médicaments se prenant par voie orale sont concernés).

Avec le pamplemousse, les statines peuvent voir leur concentration sanguine multipliée par 15 et entraîner des problèmes musculaires. Autre contre-indication, totale celle-ci : les traitements à base de cisapride contre les irritations de l’œsophage. Le mélange peut entraîner une accélération cardiaque.

Enfin, les immunosuppresseurs préconisés contre les rejets de greffes, du type ciclosporine, ne font eux aussi pas bon mélange avec le jus de pamplemousse : une prise concomitante, de façon régulière, peut endommager le rein. Il faut toutefois se garder de conclure qu’on devrait s’abstenir de consommer du pamplemousse (ou son jus) quand on prend des médicaments. Comme tous les agrumes, le pamplemousse est un fruit aux multiples vertus sur le plan de la santé.

En pratique

Eviter le jus de pamplemousse au cours des deux heures avant la prise de statines. Ne dépassez pas les 25 cl par jour. Et prévenez votre médecin.

Les agrumes 
Les agrumes doivent être évités avec les anti-inflammatoires ou l'aspirine, sous peine de majorer voire de déclencher des brûlures d'estomac ou des reflux acides.

Pas d’alcool avec l’ibuprofène
Alcool et médicaments font rarement bon ménage. Les boissons alcoolisées augmentent les risques de somnolence et de perte de réflexes associés à certains traitements. L’alcool peut même provoquer des maux de tête et des vomissements avec certains antidiabétiques. La vigilance s’impose dans tous les cas de prise de médicaments à base d’ibuprofène car cette molécule peut entraîner des saignements intestinaux quand elle est associée à l’alcool. 

En pratique

Ne consommez pas d’alcool avec ces médicaments. En particulier si vous devez prendre le volant. Les pertes de réflexes peuvent s’avérer mortelles sur la route.

Paracétamol : évitez la caféine
Café, thé ou cola : la caféine peut augmenter l’absorption du paracétamol, présent par exemple dans le Doliprane® ou l’Efferalgan®, pour ne citer que ces deux antalgiques très courants. A trop forte dose, cette molécule risque de provoquer des lésions au foie. Mais la caféine peut aussi réduire l’action d’autres traitements, notamment contre l’ostéoporose. Certains médicaments exacerbent les effets indésirables de la caféine : tremblements, sueurs voire palpitations. Surveillez ainsi particulièrement les antiasthmatiques à la théophylline.

En pratique

Pour les traitements de fond, réduisez café, thé ou cola à une tasse ou un verre par jour. Espacez-les de la prise des médicaments et parlez-en à votre médecin.

Fromages : à limiter avec les antidépresseurs
Le camembert, le gruyère ou encore la mozzarella ne se marient guère avec certains antidépresseurs. Ces fromages fermentés contiennent un composé chimique nommé "tyramine". Celui-ci peut provoquer des crises d’hypertension artérielle s’il est associé avec des traitements antidépresseurs à base d’iproniazide (du type Marsilid®). La tyramine à forte dose peut aussi entraîner des effets similaires avec les antibiotiques à base de linézolide, utilisé pour de graves infections pulmonaires et cutanées. 

En pratique

Si vous prenez l’un de ces traitements, évitez au maximum les fromages fermentés. Mais aussi le vin rouge, la bière, la choucroute ou la sauce de soja, riches en tyramine.

Brocolis et anticoagulants : risques de caillots
Le brocoli, le chou ou encore l’avocat, peuvent poser problème durant les prises d’anticoagulants oraux. Ces aliments sont riches en vitamine K, qui diminue les effets des anticoagulants. Résultat : des caillots risquent de se former dans la circulation sanguine. Le brocoli et le chou réduisent également l’efficacité du paracétamol, utilisé contre les douleurs et états fébriles. 

En pratique

Limitez votre consommation de chou et brocoli à une portion par jour avec ces médicaments. Même contrainte pour les épinards, les avocats et les laitues, sources de vitamine K. Attention : ne modifiez pas vos habitudes brutalement. Vérifiez vos apports avec votre médecin. Et en cas d’ecchymoses ou de saignements suspects, consultez sans tarder.

Le lait peut diminuer l’action des antibiotiques
Une autre interaction médicament-aliment « classique » est celle où les produits laitiers entrent en jeu. En effet, l’efficacité de certains médicaments, dont des antibiotiques, peut diminuer lorsqu’ils sont pris concomitamment avec du calcium. Or, le calcium est présent dans les produits laitiers, et il peut être pris sous forme de suppléments. Voilà pourquoi le pharmacien conseille souvent d’espacer d’au moins deux heures la consommation de produits laitiers ou de suppléments de calcium et la prise des médicaments avec lesquels ils peuvent interagir. Consommé avec certains médicaments, le lait peut devenir un ennemi de la peau ou des voies urinaires. Son calcium affaiblit l’action de certains traitements. Notamment les antibiotiques contre les infections cutanées à base de tétracycline ou contre les infections urinaires. Le lait pourrait aussi diminuer l’action de l’aspirine. Une grande consommation modifierait en effet l’acidité des urines et accélèrerait l’élimination du médicament. 

En pratique

Espacez d’au moins trois heures la prise de ces traitements et la consommation de tout produit laitier.

Traitements de l’hypertension : gare à la réglisse
La réglisse renferme de l’acide glycyrrhizique, un hypertenseur. Elle peut donc annuler les bienfaits d’un traitement contre l’hypertension artérielle. Toujours à cause de cet acide, la réglisse accentue aussi les effets secondaires de la cortisone : ostéoporose, œdèmes ou glaucomes. Attention également à l’association avec les diurétiques. La réglisse augmente les pertes de potassium dues à ces traitements. Et les carences en potassium peuvent entraîner, à terme, des troubles du rythme cardiaque. 

En pratique

Limitez votre consommation de réglisse à 10g par jour, sous toutes les formes : pastilles, bonbons, thés et autres boissons anisées.

Médicaments et aliments

Lors de la prise de médicament, privilégiez l’eau plate à toute autre boisson pour parer aux interactions.


 

Comment éviter les interactions

Il n’y a pas de secret : pour savoir comment réagissent les substances que nous ingérons, il faut se renseigner, lire et échanger avec les intervenants en santé.
Première précaution à prendre : prévenir son médecin et son pharmacien des différents traitements suivis, sans oublier les médicaments achetés sans ordonnance et les produits homéopathiques. Vérifiez les avertissements présents sur les emballages. Lisez aussi les notices, en particulier les parties sur les interactions et les contre-indications. Il faut aussi éviter de mélanger les comprimés à la nourriture ou d’ouvrir les gélules, sauf si votre médecin ou pharmacien vous l’a conseillé.